mercredi 1 juin 2011

Le Buzz est mort, vive le Buzz !!

Société moderne oblige, il faut « buzzer » pour exister. La commande publique n’y échappe pas, certains sont devenus les spécialistes du scoop immédiat.

Une nouvelle réponse ministérielle est publiée ? La newsletter part immédiatement dans les boîtes mails. Le tribunal a rendu son ordonnance dans l’affaire que j’ai plaidée ? Je l’envoie immédiatement à un site d’information payant avec mon analyse, pour que les clients aient l’information « en direct live ». Pire, je plaide devant le Conseil d’Etat, je rédige une brève sur les conclusions du rapporteur public annonçant une nouvelle jurisprudence « Bézier le retour », ou « Smirgeomes héritage ». J’ai un projet de réforme du Code dans les tuyaux ? Je laisse fuiter l’info dans les réseaux institutionnels et sur certains sites payants, j’attends de voir les réactions et propositions de modification.

A ce premier niveau de buzz, s’ajoute celui de la reprise des flux RSS pour faire le second niveau de buzz. Ainsi toute information de seconde main devient sur mon site une information de première. Je centralise l’info, je l’ « encyclopédise », je rayonne. Avec de la chance, les communautés d’acheteurs vont relayer mon info sur leur forum, avec un petit lien sympa sur mon site, pour ma publicité.

Ensuite, grâce à mon « audience », j’entre dans certains cercles, privés ou publics. On me consulte, je participe à des conférences, je deviens formateur, et si j’ai de la chance, je lance ma boîte de consulting. Vive le buzz !!

Pour notre part, nous avons dû contribuer à ce phénomène pour certaines actualités. Ce fût le cas par exemple pour les projets de réforme du Code des marchés publics, ou pour certaines jurisprudences. Cependant, nous avons toujours eu le souhait de partager une information (de manière désintéressée) que nous jugeons importante ou intéressante pour la pratique.

C’est d’ailleurs ainsi qu’une communauté d’acheteurs s’est créée ces dernières années sur internet, avec la seule volonté d’échanger des informations et sur des pratiques. Aujourd’hui, certaines entreprises ont trouvé le filon et exploitent cette démarche de partage d’information à des fins commerciales (elles sont 4 ou 5, d’autres vont apparaître). C’est sommes toutes logique dans notre société économique.

Mais si on y regarde de plus près, les « services » offerts gratuitement n’apportent pas de plus-values réelles au final. C’est pourquoi nous conseillons toujours à nos lecteurs fidèles de bien faire attention aux sites qu’ils fréquentent, et à ne pas relayer une information qui finalement n’en est pas une.

Et pour conclure par une « mise dans l’abîme » : si vous faites attention, ce billet d’humeur, qui n’engage que nous, sera repris dans les prochaines minutes sur des sites d’information.

Le buzz est mort, vive le buzz !!

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