La rédaction de la RAB a assisté la semaine dernière à une présentation par la Ville de Paris de son logiciel de passation des marchés dit "EPM".
Les avantages de ce logiciel sont, semble-t-il (il n'a pas été possible de le tester directement) :
- de rédiger des pièces administratives : à la différence d'autres logiciels payants, il faut reconnaître que l'intérêt dans EPM est de pouvoir renseigner l'ensemble des pièces nécessaires en une seule fois. Ainsi, par exemple, en renseignant l'objet du marché dans le RC, celui-ci appraît automatiquement dans les autres pièces qui seront élaborées (évitant ainsi des copier-coller astreignants). La démonstration qui a été effectuée était plutôt convaincante.
- de lancer une procédure de consultation en permettant une interface avec des logiciels en amont (de définition des besoins, de recensement des opérations des travaux...) et la plateforme de dématérialisation.
- d'inclure un planning de l'élaboration du marché et de permettre à l'acheteur de s'inscrire dès en amont à une CAO (d'où une visibilité de l'ordre du jour des CAO sur trois à quatre mois, au lieu de quinze jours)
- de disposer d'une base documentaire (documents types rédigés en internes, veille juridique, actualités...). L'enrichissement de cette base documentaire nécessite une forte mobilisation de ressources en interne, ce qui peut paraître comme un inconvénient pour des collectivités qui ne disposeraient pas des moyens nécessaires (service juridique ou de commande publique)
- d'éditer des statistiques grâce à sa base de données.
L'outil est donc assez complet, facilement paramétrable par les administrateurs et ergonomique.
Par ailleurs, la Ville de Paris propose au téléchargement gratuit le code source de son logiciel sur le site dédié : EPM.Paris.fr. Si le le téléchargement est possible, l'installation du logiciel et sa configuration ne semble pas si aisée qu'on pourrait le croire. Elle demanderait l'assistance d'une société spécialisée (voir celle qui a conçu ce logiciel sur la base du dialogue compétitif lancé par la Ville de Paris, mais qui heureusement ne dispose d'aucun droit sur le logiciel) ; d'ailleurs, la Ville de Paris a passé un contrat de maintenance avec ladite société.
On ne peut que se féliciter de cette initiative, qui démontre qu'il est possible pour une collectivité territoriale de créer un logiciel de passation de marchés publics, en se donnant des moyens, et de le mettre à disposition de tous de manière gratuite. Il reste à savoir si des administrations oseront franchir le rubicond pour adopter EPM (ce qui n'est pas le cas à ce jour), et si un club d'acheteur EPM pourra continuer à faire le faire évoluer.





